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Hommage : 80e anniversaire de la découverte des corps des suppliciés de Saint-Pierre-du-Jonquet

Un épisode tragique de l’histoire de la Libération en Normandie

En juillet 1944, alors que la bataille de Normandie fait rage et que les Alliés poursuivent leur avancée pour libérer le territoire français, le petit village de Saint-Pierre-du-Jonquet, dans le Calvados, devient le théâtre d’un drame qui coûtera la vie à de nombreux patriotes.

Au début du mois de juillet 1944, la Gestapo d’Argences organise une vaste rafle dans le secteur de Dives-sur-Mer, du bas-Cabourg et du marais de Varaville. Des hommes et des femmes sont brutalement arrêtés, conduits à Glanville et à la prison de Pont-l’Évêque, où ils subissent interrogatoires et sévices. Les hommes sont ensuite transférés à Argences, au siège de la Gestapo, avant d’être emmenés vers une destination inconnue. Quelques jours plus tard, les femmes sont relâchées, sans avoir obtenu la moindre nouvelle de leurs maris.

Parmi les victimes figure Bernard Lefèvre, agriculteur à Varaville. Le 6 juin 1944, jour du Débarquement, il accueille dans sa ferme, avec sa sœur Denise, dix-sept parachutistes britanniques égarés dans les marais de la Dives. Le lendemain, accompagné de Violette Bruzeau, il les guide par le chemin de l’Anguille, en direction de Robehomme, afin qu’ils puissent rejoindre leur point de rendez-vous à Bavent. Trois parachutistes anglais reçoivent des soins et demeurent cachés dans sa ferme pendant près d’un mois.

Le 2 juillet 1944, Bernard Lefèvre est arrêté par les Allemands alors qu’il rejoint à Periers-en-Auge, Jacques Bimont, directeur du centre de jeunesse à Dives-sur-mer, membre du réseau Zero France, lui-même connu pour avoir recueilli et aidé de nombreux parachutistes alliés. Selon sa sœur Denise, Bernard Lefèvre devait conduire les Anglais le 2 juillet à Périers-en-Auge. Les parachutistes ne seront pas découverts dans la ferme. Conduit à Saint-Jouin puis au siège de la Gestapo, à Argences, il y est torturé au cours de son interrogatoire.

Le 9 juillet 1944, Bernard Lefèvre est exécuté d’une balle dans la tête. Il fait partie des vingt-nuits suppliciés pour la plupart des résistants. Le massacre se déroule dans un petit bois de Saint-Pierre-du-Jonquet, au sein d’une zone interdite par les Allemands en raison de la présence d’un site destiné au lancement de fusées V1, dont la construction ne sera jamais achevée.

Le sort des victimes demeure longtemps inconnu. Ce n’est que le 17 septembre 1944, après la libération du secteur, que le corps de Bernard Lefèvre est retrouvé dans un charnier, immergé dans l’eau boueuse d’un trou de bombe, aux côtés de ceux de six autres patriotes. Ce n’est que deux ans plus tard, le 15 novembre 1946, que vingt-et-un corps sont à nouveau mis à jour dans cette même zone située dans un pré de la ferme Pauger à Rupierre, petit hameau de Saint-Pierre-du-Jonquet.

Pendant trois jours, du 25 au 27 novembre 2026, de 14h à 18h, la salle polyvalente de Varaville, au Hôme, accueillera une exposition célébrant le 80e anniversaire de la découverte des corps des suppliciés de Saint-Pierre-du-Jonquet. Elle sera précédée le 24 novembre, à 18h, de la projection gratuite du film Un fleuve vers la liberté, réalisé par Alain Monclin et produit par l’association «  La Dives, un fleuve pour la liberté » .

Sources :

Article publié le mercredi 21 octobre 2026