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1870 : le champ de courses et l’aérodrome

En 1870, M. Gimet, Préfet du Calvados, annonce à l’assemblée du Conseil Général du Calvados, la création d’une société dans le but de créer un centre d’élevage et de courses montées et attelées. Représentée par M. le Comte de Boisguilbert, M. Hervieu et M. Meyer, celle-ci sollicite des subventions auprès du Conseil Général et de la commune de Cabourg pour les aider dans leur entreprise.

 

Collection privée

 

Le 20 février 1870, ne désirant pas attribuer de subventions faute de ressources suffisantes, la commune de Cabourg autorise néanmoins sa création. La condition est que les organisateurs prennent en charge tous les frais que nécessitent les courses. Ils s’entendent avec J Malhéné propriétaire du terrain suite à son acquisition auprès du Marquis Marc de Saint Pierre (mutation cadastrale 1866 pour 33 Ha 35). La totalité du terrain sera ensuite revendue à Louis Duchemin à Enghien (mutation cadastrale 1884). En 1895, il achète à J Malhéné, une deuxième parcelle de 9 Ha 01 située le long de l’avenue Coty. L’ensemble totalise désormais 42 Ha.

 

C’est ainsi que le champ de courses s’installe à Varaville dans un grand terrain au sud de l’avenue du Président Coty. Il s’étend, à l’Est, depuis le terrain de golf actuel pour s’arrêter à l’Ouest, 600 mètres plus loin à la rue Général Leclerc.

 

La piste de plat de 2200 mètres et la piste de steeple-chase (9 obstacles) sont tracées dans les prés et ceinturées d’une barrière équestre blanche, composée de lices en bois sur laquelle les spectateurs endimanchés s’appuient. Elle accueille des courses de trot et de galop. Fréquemment inondée l’hiver, la piste doit être remise en état chaque année.

 

Elégantes à Cabourg. Archives départementales du Calvados

 

 

De l’autre côté du Champ de Courses, près de l’avenue Saint Charles, se trouvait « Le Village ». Cet ensemble de bâtiments en forme de U, ouvert sur l’avenue Coty, était le haras de dressage des chevaux de courses. Monsieur Dijol, propriétaire de la villa du même nom avenue Malhéné, y est entraîneur.

 

Les spectateurs venant de plus en plus nombreux assister aux courses, des tribunes en bois sont montées pour les accueillir. Les festivités ne durent en fait que 2 jours, début août ; ces tribunes sont démontées ensuite jusqu’à l’année suivante.

 

Les courses de Varaville suivent celles de Caen qui ont lieu le premier dimanche d’août. Chacun rivalisant de parures, de tenues et d’équipages, les concours hippiques sont un lieu de rendez-vous, de distraction mais aussi et surtout un concours d’élégance pour les dames. Le gotha de Cabourg aime se rendre au Champ de Courses. Ainsi, Marcel Proust et ses amis louent ils, à proximité du Grand Hôtel de Cabourg, un fiacre qui les transporte jusqu’au Hôme. Les créateurs du champ de courses du Hôme, puis la ville de Cabourg, ont parié sur l’attrait des manifestations équestres à la maniére de Deauville et de son Champ de Courses initié par le Duc de Morny.

C’est une grande période pour le Hôme car au fil des années, l’attrait pour les manifestations hippiques et les loisirs se confirme. Les courses de l’hippodrome attirent un grand public ; le golf, situé à deux pas, connait une période faste, le Grand Hôtel du Hôme fonctionne tout l’été. Des écuries sont construites en dur en face de l’entrée.

 

1879, G.R. de Salles Carte topographique des Archives départementales du Calvados

 

Sur la carte topographique de G.R. de Salles on retrouve toute la côte du Hôme. La ligne du tramway Decauville (1892) et le golf (1907) n’existent pas encore mais on y distingue la ferme du Hôme, la route de la corniche « projetée », le hameau Bracke et le Grand hôtel.

 

La période 1914-1918 marque un coup d’arrêt pour les manifestations hippiques. Dès la fin de la guerre, sous l’impulsion du Général Gossart, Président d’une nouvelle société, le Champ de Courses revit. Le Général Gossart, qui possédait la villa « Le Manoir au Hôme », deviendra Maire de Varaville de 1933 à 1937.

 

Source wilkipedia

La guerre a également développé l’industrie aéronautique. Toutes les villes désirent leur aérodrome. Le 1er mai 1919, une liaison aérienne entre Paris et Cabourg voit le jour. Un accord est conclu entre la société du Grand Hôtel et Casino et la société Farman.

 

Début mai, les hangars FARMAN acheminés en gare de Dives, sont installés par les soldats du génie à l’endroit réservé pour l’atterrissage des avions sur l’hippodrome.

 

Au mois d’août, les vacanciers peuvent survoler la côte et se rendre en avion à Paris en moins de 2 heures. Le confort spartiate avec des fauteuils en osier.

 

Source wilkipedia

 

 

En 1928, le Champ de Courses s’installe à Cabourg, sur le terrain du bas Cabourg. C’est la fin d’une aventure de 57 ans.

 

Longtemps après la disparition du Champ de Courses, les terrains sur lesquels il était implanté, ont servi aux bulbiculteurs de Varaville.