1066 : la rade de Varaville

 

En 1066, à Dives sur mer, Guillaume le conquérant rassemble sa flotte pour la conquête de l’Angleterre.

 

Le site est bien incapable de contenir les centaines d’embarcations, la flotte est rassemblée à Varaville, entre la chaussée et les dunes, dans l’immense rade longue de 5 km et large de 3 km.

 

 

A l’époque, la mer contourne les dunes par l’estuaire de la Dives et atteint la chaussée à marée haute ; au sud, ce sont les marécages. La terre ferme ne dépasse pas le lieu-dit «  La cour de la maison ». Les dunes désertes ne sont accessibles qu’à marée basse.

 

Carte géologique du BRGM où on distingue en jaune le cordon dunaire et en bleu ciel la partie sous l’eau à marée haute jusqu’à la chaussée de Varaville

 

Ce sont 696 grands vaisseaux destinés au transport des combattants, 3000 bateaux plus petits pour le transport du matériel et du ravitaillement qu’accueille Varaville.

 

Recevoir tout ce monde, nécessite une organisation considérable. Pendant 6 mois, il faut loger et nourrir les hommes et les chevaux, construire des magasins pour stocker vivres et matériel.

 

En provenance de Barfleur où il a été construit, le bateau amiral de Guillaume, « Le Mora » attend dans la rade de Varaville. Il doit appareiller pour Saint-Valéry, dans l’estuaire de la Somme où toute la flotte a rendez-vous pour la traversée de la Manche.

 

Le Mora était un cadeau de la duchesse de Normandie, Mathilde de Flandre. À sa proue, un angelot doré désignait de son index droit l’Angleterre tandis que sa main gauche portait à sa bouche un cor d’ivoire. En remerciement, le Conquérant offrira le riche comté de Kent à la reine Mathilde. Le Mora et les autres navires de Guillaume furent conçus dans l’esprit des navires vikings. A la manière de ses ancêtres vikings, Guillaume l’équipera d’une girouette dorée.

 

On s’est beaucoup interrogé sur l’origine même du nom Mora. Il pourrait avoir une origine noroise et fasse référence à l’élection des rois de Suède ou lors d’une assemblée appelée « Thing de Mora », sur un monument de pierres connu sous le nom de Morasteinninn (la « pierre de Mora »), le futur roi est intronisé. Ce choix exprimerait la volonté de Guillaume de se faire couronner roi d’Angleterre. A moins qu’il ne soit l’anagramme du mot « Amour » en latin ou qu’il ne désigne en ancien français la pointe d’une lance ou d’une épée, ce qui ferait de ce navire, offert par Mathilde au Conquérant, le « fer de lance » destiné à conduire la traversée vers l’Angleterre, sous la protection de Dieu et de ses saints.

 

Le Mora Source Wilkipedia

 

 

Le Mora Source Wilkipedia

 

 

Cet immense rassemblement prend fin le 12 septembre 1066 peu avant l’aube avec l’appareillage de la flotte pour Saint Valéry dans l’estuaire de la somme. Une longue attente de vents favorables s’ensuit.

 

Extrait de la tapisserie de Bayeux

 

 

 

 

Le 28 septembre, en Yorkshire, apprenant le débarquement de l’armée norvégienne du roi Harald Har-drada, la flotte prend la mer en fin d’après-midi. Le 29 septembre 1066, à l’aube de la St Michel, porté par le courant de jusant, il atteint la baie de Pevensey dans le Sussex, où il débarque sans rencontrer de résistance de la part des saxons.

 

Dans sa traversée, il est accompagné de Guillaume de Beaufou (1025-1091) et de son frère Raoul de Beaufou (1040- 1102), tous deux Seigneurs de Varaville. On retrouve leurs noms dans l’église de Dives sur Mer au-dessus du portail d’entrée. Guillaume leur offrira fortune et gloire.

 

Guillaume rentre dans les ordres en fin de vie et devient évêque de Tetford le 25/12/1085. Il est propriétaire de 251 manoirs dans le Norfolk et le Sufolk.

 

Raoul devient lord de Hockering, sheriff du Sufolk (1091-1102) en Angleterre.

 

Liste de compagnons de Guillaume dans l’église de Dives sur mer