La guerre de 1870

L’impact de la seconde guerre mondiale, nous fait oublier un grand moment historique qu’est la guerre franco-prussienne de 1870. Elle fut courte. Il se passe six mois, entre la déclaration de guerre de la France impériale le 19 juillet 1870 à la Prusse de Bismarck, et l’armistice humiliant du 28 janvier 1871.

Encerclé à Sedan, l’empereur, Napoléon III capitule le 2 septembre 1870 et part en captivité. La république est proclamée. Impuissante face à un ennemi qui fait une guerre de siège, le pays est progressivement occupé. C’est le chaos, Gambetta, ministre de la Défense, s’échappe en ballon de Paris assiégée pour organiser les armées en province. A partir du siège de Paris à l’automne 1870, pour éviter la jonction des troupes levées en province, les Prussiens lancent des attaques dans le Vexin, envahissent la Normandie pour sécuriser un large périmètre autour de Paris.

 

En octobre, Gisors et Gournay-en-Bray sont pris. Fin novembre, c’est Vernon. Le 4 décembre 1870, dernière ligne de défense avant la prise de Rouen, des combats ont lieu à Buchy. L’armée française étant défaite, les soldats sont issus des gardes mobiles, de volontaires et de francs-tireurs venant de Normandie, mais aussi d’autres régions, notamment des Ardéchois. Le 5 décembre, après le repli des combattants sur Pont-Audemer et Honfleur, les Prussiens entrent dans Rouen. Louviers, Évreux tombent. En janvier 1871, de violents combats ont lieu à Moulineaux. Elbeuf, Bernay sont occupés. L’ennemi marche sur Yvetot, Bolbec, Saint-Romain et prend Dieppe, mais renonce au Havre.

En prévision de l’avancée des troupes prussiennes, le préfet du Calvados organise l’approvisionnement de l’armée. Il prévoit la réquisition des fourrages, du grain, des chevaux, du bétail et l’inondation des marais de Varaville. Pour contrer la protestation des propriétaires, une section de franc tireurs est envoyé sur place. Ce ne sera pas nécessaire, des pluies diluviennes s’en chargent. Toute la vallée de la Dives est sous l’eau.

 

L’histoire se répètera en 1944, mais cette fois ci de la main de l’homme, pour empêcher l’avancée des Américains.

 

Finalement, toute la Normandie orientale est conquise. L’occupation prussienne est une terrible épreuve pour les Normands. Ils doivent subir les exactions des soldats, les réquisitions, les taxations, les représailles et le chômage, du fait de l’arrêt des activités économiques. Varaville situé à l’ouest de la ligne de démarcation entre Trouville, Pont l’Evêque et Argentan échappe de peu à l’occupation.

 

Le 22 juillet 1871, la Normandie est libérée après le paiement anticipé de 2 milliards de francs or, réunis par le ministre des Finances, le Rouennais Pouyer-Quertier.