Le Hôme à Varaville, du 17 au 20 août 1944 : les combats pour la Libération
Du 17 au 20 août 1944, le bataillon de fusiliers irlandais du 1st Royal Ulster Rifles (1 RUR), commandé par le lieutenant-colonel Jack Carson, mène les combats pour libérer le Hôme, à Varaville. Le soir du 20 août, les soldats britanniques sont relevés par les militaires belges et luxembourgeois de la Brigade Piron, placés en réserve au Hôme après avoir participé à la libération de Franceville. À l’aube du 21 août, la Brigade Piron reprend sa marche. Ses unités poursuivent leur progression en direction de Cabourg, Dives-sur-Mer et Houlgate, achevant ainsi la libération de la Côte Fleurie.

17 août 1944 : les combats se rapprochent de la côte
À l’aube du 17 août 1944, les bérets verts du No. 3 Commando, commandé par le lieutenant-colonel Peter Young et intégré à la 1st Special Service Brigade, progressent en direction de Varaville. Ils investissent le bourg et contraignent les forces allemandes à se replier. Avant leur départ, celles-ci font sauter le pont franchissant la Dives. Les Britanniques établissent alors leur poste de commandement dans le bunker du château. Le 19 août à 19 h 30, deux compagnies du 2nd Oxfordshire and Buckinghamshire Light Infantry (2nd Ox & Bucks), placées sous les ordres du major M. Darell-Brown, reçoivent l’ordre de relever le No. 3 Commando dans le bourg de Varaville.
Le même jour, dès l’aube laissant sur place la compagnie B, le bataillon de fusiliers irlandais du 1st Royal Ulster Rifles (1 RUR) quitte Colleville-sur-Orne pour se diriger vers Le Plain, à Amfreville. La force de poursuite est constituée de la compagnie C, renforcée par le Recce Platoon, commandé par le capitaine Robert Martin, ainsi que par la section du génie (Pioneers) et une section de la 249th Field Company, Royal Engineers.
L’avant-garde atteint Le Plain à 8 h 30, bientôt suivie à 10 H 30 par tout le reste du bataillon.
Pendant ce temps, le 12th Devonshire Regiment et le 2nd Oxfordshire and Buckinghamshire Light Infantry poursuivent les forces allemandes en retraite en direction de la côte. Derrière eux, le 1st Royal Ulster Rifles (1 RUR) se tient prêt à reprendre sa progression dès que les unités de tête auront consolidé leurs positions.
Afin de se préparer à cette nouvelle avancée, la compagnie C du 1 RUR prend position au carrefour de Longuemare, à Amfreville, en attente de l’ordre de poursuivre.
Le 12th Devonshire Regiment ayant atteint son objectif codé « PEAR », situé entre Descanneville et la route côtière, le 1st Royal Ulster Rifles (1 RUR) reçoit, à 14 h 30, l’ordre de poursuivre sa progression en direction de Cabourg.
La compagnie C se met alors en mouvement, tandis que le reste du bataillon demeure à Longuemare, dans l’attente de la consolidation de l’objectif « PEAR ». Elle franchit successivement les positions des unités qu’elle doit relever : celles du 12th Devonshire Regiment, près de Gonneville, puis celles du 2nd Oxfordshire and Buckinghamshire Light Infantry, à Descanneville.
La progression vers la côte s’avère extrêmement lente. Les forces allemandes en retraite ont miné les abords des axes de communication et multiplié les cratères sur les routes afin de retarder l’avance alliée. Chaque obstacle ralentit davantage la progression de la compagnie C vers Cabourg.
À 16 h 50, la section de reconnaissance de la compagnie C atteint l’objectif « PEAR ».
À 17 h 00, le 2nd Battalion, Oxfordshire and Buckinghamshire Light Infantry (2nd Ox & Bucks) quitte Gonneville pour prendre position et établir une base solide à Descanneville.
À 17 h 30, la section de reconnaissance de la compagnie C atteint à son tour la route côtière, à l’ouest du Hôme, au lieu-dit « Petit Hôme » (point 170793). Elle se trouve alors face à un obstacle majeur : un immense cratère d’environ neuf mètres de profondeur, dont les abords sont fortement minés, empêchant toute progression immédiate.
Sur leur gauche, les combats se poursuivent à Franceville-Plage, où les dernières positions allemandes sont attaquées par le groupement belge venant de Hauger.
Dans ce contexte, l’ordre est donné à la compagnie B du 1st Royal Ulster Rifles de rester au Petit Hôme, afin d’assurer la couverture du secteur et d’empêcher les forces allemandes se retirant de Franceville-Plage de s’échapper vers l’Est.
Pendant ce temps, le bataillon poursuit sa progression sur la route côtière en direction de Cabourg. Deux nouveaux cratères, qui barrent l’axe routier, ralentissent encore l’avance. Ils doivent être contournés avec l’aide des Royal Engineers (R.E.).
Des échanges de tirs opposent également la section de reconnaissance de la compagnie C à l’arrière-garde allemande, qui se replie progressivement vers Le Hôme. Malgré ces difficultés, les éléments avancés atteignent l’objectif codé « TROWEL », vraisemblablement situé à l’entrée du Hôme, à 20 h 20.
À 21 h 30, les soldats reprennent leur progression par bonds successifs en direction du secteur des Panoramas. Ils se heurtent alors à une résistance allemande organisée autour d’un barrage routier établi au point 211795, à hauteur du carrefour de l’actuelle avenue du Général-de-Gaulle et de l’avenue de la Brèche Buhot, à Cabourg. Le barrage, tenu par des mitrailleuses et des fusiliers, stoppe la progression de la compagnie C.
Les tentatives de contournement restent infructueuses, les possibilités de mouvement étant particulièrement limitées. La nuit tombant rapidement, le 1st Royal Ulster Rifles se regroupe à 22 h 00 pour passer la nuit dans les secteurs du Hôme et des Panoramas. Le bataillon prend position et s’enterre en bordure de la route.
Depuis Sallenelles, les soldats belges et luxembourgeois de la Brigade Piron poursuivent eux aussi leur progression, après de violents combats et la prise du bunker du fort du Moulin du Buisson.
Ils atteignent Franceville-Plage vers 19 h 30, puis poursuivent jusqu’aux abords du Hôme-Varaville, où ils arrivent vers 20 h 30. Ils y effectuent la jonction avec les parachutistes de la compagnie B du 1st Royal Ulster Rifles, restés en retrait.
La Brigade Piron s’installe alors dans le secteur et y demeure en réserve d’intervention jusqu’au 20 août, avant de reprendre sa progression en direction de Cabourg, Dives-sur-Mer et Houlgate. Le génie s’emploiera durant ces 3 jours à déminer la route entre Franceville et Dives/mer

18 août : Le Hôme sous la menace des mines
À 7 h 30, une compagnie du 2nd Oxfordshire and Buckinghamshire Light Infantry (2nd Ox & Bucks) relève la compagnie B du 1st Royal Ulster Rifles, qui occupe la position 171792. Dans le même temps, la section de reconnaissance de la compagnie C, commandée par le capitaine Robert Martin, tente de contourner les positions allemandes par la droite.
Toujours bloquée au niveau du barrage routier (point 211795), la compagnie C ne peut toutefois se déployer pour lancer une attaque. Les positions ennemies constituent de solides points d’appui, tandis que les mines disposées aux abords de la route et les zones inondées réduisent considérablement les possibilités de manœuvre.
À 10 h, une tentative d’offensive est envisagée avec l’appui de chars. Mais au cours de l’opération, un Sherman saute sur une mine antichar dissimulée sur la piste, qui lui arrache une chenille. Le blindé immobilisé bloque alors la seule voie de ravitaillement disponible, contraignant à abandonner l’opération.
Aucun itinéraire n’apparaissant suffisamment sécurisé pour permettre une attaque en direction de Cabourg, la compagnie D reçoit l’ordre d’effectuer une patrouille afin de rechercher un itinéraire d’attaque alternatif.
La patrouille revient finalement sans avoir trouvé de passage permettant de contourner les positions allemandes. Face à cette situation, le commandant du bataillon se rend au QG afin de rendre compte de la situation et de recevoir de nouveaux ordres.
À 12 h, il est finalement décidé qu’aucune attaque ne sera lancée contre Cabourg. L’effort principal de la division doit désormais se porter vers le secteur Dozulé–Troarn. Le bataillon reçoit l’ordre de se maintenir sur ses positions et de les consolider.
La section de reconnaissance est placée en réserve, tandis que la compagnie B rejoint le gros du bataillon. Au cours de l’après-midi et de la soirée, le secteur est soumis à des tirs sporadiques d’artillerie et de mortiers. Les unités britanniques renforcent leurs positions pendant que les sapeurs entreprennent un important travail de déminage, indispensable à la sécurisation des axes de progression et de ravitaillement.
À 20 h, alors qu’il effectue une reconnaissance en vue d’une patrouille prévue durant la nuit jusqu’au pont sur la Dives, le lieutenant Crockett essuie des tirs ennemis au point 200780.
À minuit, une section de la compagnie D rencontre à son tour une patrouille allemande. Après un bref échange, celle-ci finit par se replier.
Le bataillon s’organise alors de la manière suivante :
- compagnie C, en pointe, dans le secteur desPanoramas ;
- compagnie A, sur le flanc droit ;
- compagnie B, sur le flanc gauche ;
- compagnie D, en réserve à l’arrière ;
- leposte de commandement du bataillon (QG) est installé au sein d’une bâtisse dans des écuries vides ainsi que dans les quartiers des garçons, c’est-à-dire les logements des palefreniers, à l’extrémité Est du Hôme.
La localisation précise de ces bâtiments reste toutefois à établir. Il pourrait s’agir du club-house du golf actuel, mais cette identification doit encore être confirmée par les documents et les cartes d’époque.
19 août : une route devenue infranchissable
Tout au long de la journée, le secteur est ponctuellement soumis à des tirs d’artillerie et de mortiers. Les rapports issus des interrogatoires de prisonniers capturés au cours des missions de reconnaissance indiquent toutefois que les forces allemandes présentes dans le secteur commencent à se replier.
À 14 h, un nouvel incident vient perturber le ravitaillement du bataillon : la citerne à eau saute sur une mine dissimulée dans le passage dégagé à proximité du char accidenté la veille, bloquant une nouvelle fois la voie de ravitaillement. Les mines, enfouies jusqu’à 1,20 mètre de profondeur, avaient été recouvertes et dissimulées par les débris projetés lors de l’explosion ayant formé le cratère. Dans l’après-midi, des sapeurs belges interviennent pour dégager le char et la citerne et rétablir le passage.
Les soldats britanniques maintiennent leurs positions dans le secteur des Panoramas, tandis que les sapeurs poursuivent sans relâche le déminage de la route côtière. Le travail s’effectue sous la menace des tirs allemands, notamment ceux provenant des hauteurs de Dives-sur-Mer.
Au cours de la nuit, une patrouille commandée par le lieutenant O’Hara-Murray essuie à son tour des tirs ennemis. Elle parvient néanmoins à se dégager et à regagner les lignes britanniques.






Le 20 août, après plusieurs jours de combats et de déminage, la relève se prépare.
À raison de deux obus par minute, l’artillerie allemande pilonne les positions de la compagnie D ainsi que le poste de commandement du 1st Royal Ulster Rifles. La journée est particulièrement éprouvante pour les soldats britanniques, soumis à un bombardement presque continu.
À 14 h 40, le 1st Royal Ulster Rifles, placé sous les ordres du lieutenant-colonel Jack Carson, est mis en état d’alerte en vue de quitter le secteur. Le bataillon doit rejoindre Le Plain d’Amfreville à bord de camions de transport de troupes, avant de poursuivre le lendemain vers Troarn, puis vers sa nouvelle zone de bivouac, près de Saint-Richer.
Son départ doit permettre au groupement belge de la Brigade Piron de prendre la relève dans le secteur du Hôme.
À 17 h, alors que les positions britanniques restent soumises aux tirs d’artillerie de 150 mm, à raison d’environ deux coups par minute tout au long de l’après-midi, les premiers éléments de reconnaissance belges arrivent sur place.
Malgré une pénurie critique de moyens de transport, la relève par la Brigade Piron s’effectue finalement dans la soirée, entre 20 h et 22 h. Les unités belges et luxembourgeoises prennent progressivement position tandis que le 1st RUR commence à décrocher.
Vers 20 h 30, alors que la relève est en cours, une chenillette Bren Carrier belge s’engage dans l’étroit passage aménagé autour du cratère où le char Sherman et la citerne à eau avaient été détruits. Le véhicule roule sur une Tellermine, mine antichar allemande restée indétectée. Sous la violence de l’explosion, le Bren Carrier bascule dans le cratère et s’embrase. Trois hommes à bord mourront à la suite de l’explosion tandis que le quatrième grièvement blessés restera invalide.
À minuit, le bataillon est regroupé au Plain d’Amfreville. Le lendemain matin, il poursuit son déplacement jusqu’à Troarn. Sous une pluie battante, la dernière étape vers la zone de bivouac située près de Saint-Richer doit finalement être effectuée à pied.
Dans la nuit du 20 au 21 août : les Allemands se replient
À Cabourg, vers 21 h, les dernières unités allemandes encore présentes dans le secteur, appartenant au Grenadier-Régiment 744, reçoivent l’ordre de se replier.
À 22 h, avant leur départ, les Allemands détruisent le château d’eau, puis coupent la route face à la Brèche-Buhot (point 211795), afin de ralentir toute progression alliée.
Peu avant minuit, les dernières chenillettes allemandes quittent Cabourg. Dans leur retraite, elles détruisent le pont sur la Dives, ouvrage stratégique et véritable point névralgique de la commune, coupant ainsi le principal axe de franchissement de la rivière.
21 août : Cabourg et Dives-sur-Mer libérées
À l’aube du 21 août, les éléments belges et luxembourgeois de la Brigade Piron reprennent leur progression vers l’Est. Les différents détachements s’engagent en direction de Cabourg et de Dives-sur-Mer, désormais libérées de la présence allemande.
À 10 h, le drapeau français est hissé sur la mairie de Cabourg par les résistants locaux. Au même moment, les cloches de l’église sonnent à toute volée. Dans les rues, les habitants et les résistants sortent à la rencontre des Alliés, accueillant avec émotion ceux qui viennent de libérer la ville après quatre années d’occupation
décès au sein de la 1 RUR
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17 août : 1 décès par accident
Le Rifleman Samuel Topping, matricule 7017020, est officiellement porté comme « tué au combat » le 17 août 1944, à l’âge de 39 ans, après trois années de service. Il est d’abord inhumé sur le terrain, à Colleville-sur-Orne, avant d’être réinhumé au Ranville War Cemetery, le 8 juin 1945, dans la tombe IV.A.J.2.
Originaire de Millbrook Road, Lisburn, dans le comté d’Antrim, Samuel Topping était marié et père de trois enfants. Son père avait lui-même servi dans les Royal Irish Rifles durant la Première Guerre mondiale et avait été tué au combat en août 1916.
Le 17 août 1944, le 1st Royal Ulster Rifles (1 RUR) est encore basé à Colleville-sur-Orne. Le bataillon quitte Colleville à 8 h 30 pour se concentrer au Plein d’Amfreville. Ces éléments permettent de remettre en question l’hypothèse selon laquelle Samuel Topping aurait été tué au cours de l’avancée de la compagnie C vers Cabourg, notamment lors de l’arrêt de la section de reconnaissance face au barrage routier allemand du point 211795, à hauteur du carrefour des actuelles avenue du Général-de-Gaulle et avenue de la Brèche-Buhot. En effet, si son décès est bien intervenu le 17 août, il semble compte tenu du lieu de son inhumation, plus probable qu’il soit survenu accidentellement à Colleville-sur-Orne ou au cours du déplacement du bataillon vers Le Plein, plutôt que lors des combats devant le barrage routier de Cabourg, qui interviennent plus tard dans la progression du 1 RUR.
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18 août: 1 décès au combat
Le Rifleman Richard E. Jarman, matricule 14685407, est tué au combat. Il est inhumé au Ranville War Cemetery, dans la tombe II.A.G.14. Il est le fils de Charles et Ada Maria Jarman, de Milton, Southsea, dans le Hampshire. Son frère William Jarman est également mort en service actif.
Les circonstances précises de sa mort ne sont pas établies. Toutefois, au regard de la chronologie des opérations, il est possible qu’il ait été tué au cours de la tentative de débordement des positions allemandes par la droite, menée par la section de reconnaissance du capitaine Robert Martin, de la compagnie C du 1st Royal Ulster Rifles.
À ce moment-là, la progression de la compagnie est toujours bloquée par le barrage routier allemand du point 211795. Les possibilités de manœuvre sont très limitées en raison des points d’appui ennemis, des mines disposées aux abords de la route et des zones inondées.

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20 août : 1 homme de troupe tué au combat
Le Rifleman George Joseph Walker, matricule 4207893, est tué au combat. Il repose au La Délivrande War Cemetery, dans la tombe I.C.6. Il est le fils de James et H. Ellen Walker, de Walsall, dans le Staffordshire. Les circonstances exactes de sa mort ne sont pas établies avec certitude.
Toutefois, il semble avoir été blessé lors d’un contact avec l’ennemi aux coordonnées 201784, lorsque le lieutenant P. O’Hara-Murray, accompagné d’un homme de troupe, tombe sur un poste allemand au cours d’une mission de reconnaissance. La position 201784 se situe dans le secteur de progression du 1st Royal Ulster Rifles, alors engagé dans des opérations de reconnaissance et de sécurisation des abords de la route côtière.
Le sacrifice des soldats de la Brigade Piron
D’après les récits du chef du peloton, le Lieutenant Adolf Matton, de Charles Priemen commandant le carrier précèdent, de Raymond Vereecken commandant le carrier suivant et de son chauffeur Johnny Minnecker
Le 20/8/1944
à 16H20, le groupement qui avait été mis en réserve à Franceville pendant l’attaque de la 6éme Para Division britannique, reprend sa progression en direction de Cabourg.
La 1ére compagnie du Major Philippe WINTERGROEN avec le peloton de mitrailleuse Vickers (Medium Machine Gun Vickers) reprend sa position d’avant-garde. Sa progression entravée par les équipes de démineurs de la compagnie du génie est difficile car seule la route permettant le passage des véhicules est déminée.
Au niveau du quartier des panoramas, le groupement est stoppé par les nouvelles positions défensives allemandes.
Le peloton MMG du lieutenant Adolf MATTON, composé huit chenillettes (carriers) et une camionnette 15 CWT (truck), se suivant à courte distance, progresse à la suite des pelotons d’assaut et du peloton ATK.

Dynamitée quelques jours auparavant par l’arrière garde allemande, la route barrée sur toute sa largeur, présente un très large cratère (situé par la Fédération Royale Nationale de la Brigade Piron au Hôme-Panoramas à environ 200 m de l’avenue des Devises). En bordure d’une zone déboisée, un passage sablonneux bordé d’un champ de mines, clôturé par un fil de fer permet de contourner l’obstacle par la lèvre droite.

A 20H30,
la chenillette conduite par le soldat Maurice Victor DELSTANCHE, accompagné du sergent Henri Louis VANDENPLAS et des mitrailleurs Edouard CLAESSENS et Marcel MASSONNET s’engage à son tour dans le passage étroit.

Au milieu de la courbe, elle roule sur une Tellermine non détectée, enfouie profondément, que les affaissements de sable provoqués par les véhicules précédents ont fait remonter à la surface. Se retournant dans le cratère, elle s’enflamme piégeant ses occupants.[SautDeLigneau Au même endroit avaient déjà été détruits un Sherman et une citerne à eau, alors même que la piste avait été déminée à deux reprises.

Raymond VEREECKEN et son chauffeur Johnny MINNEKEER qui les suivent et Charles PRIEMEN et Ernest MOORS qui les précèdent, parviennent à accrocher leurs câbles de remorquage à la chenillette en flamme. Roulant sur le fil de fer délimitant le champ de mines, ils parviennent à la redresser, permettant à Ernest MOORS de dégager Maurice Victor DELSTANCHE du volant. Le lieutenant Adolf MATTON et quelques-uns de ses hommes bravant les flammes et le risque d’explosion des jerrycans et des munitions, parviennent à extraire de l’épave les autres occupants et à les débarrasser des grenades accrochées à leur ceinturon.
Grièvement blessés et brulés, ils sont allongés en sécurité au bord de la route, en attendant l’arrivée des ambulanciers britanniques (195 Airlanding Fied Ambulance).
Soignés par le capitaine médecin britannique Richard REES et les ambulanciers Patrick FINNERTY, John MANNON, et Arthur JONES (qui seront décorés de la croix de guerre avec palme par les autorités Belge), ils sont évacués par Jean BOUCKENAERE, l’estafette motocycliste du peloton. Il pilotera l’ambulance qui les amènenera au « First Aid Post ».
La chenillette, toujours en feu et obstruant le chemin, ralentit la progression du reste du peloton. Avec prudence, le convoi poursuit sa route et atteint l’entrée de Cabourg à la tombée de la nuit.
Comble de l’ironie, on apprendra bien plus tard qu’au même endroit le 18 août au matin, un char Sherman en appui au Royal Ulster Rifles et un camion-citerne avaient été endommagés dans des circonstances similaires.
Le Sergent Henri Louis VANDENPLAS décède le 20 août, le soldat Marcel MASSONNET le 22 août et le soldat Edouard CLAESSENS le 25 août.
Coïncidence tragique Edouard CLAESSENS avait reçu le matin même un télégramme d’Angleterre de son épouse Peggy PATTERSON annonçant la naissance de son fils Terence. C’est pour permettre à son ami Maurice Victor DELSTANCHE de rester à ses côtés que le mitrailleur FINOULST avait échangé sa place avec lui.
Le chauffeur du véhicule, très gravement brulé, le soldat Maurice Victor DELSTANCHE est évacué vers la Grande Bretagne. Hospitalisé pendant 1 an, il subit de nombreuses opérations plastiques. Ses mains sont déformées, il a perdu deux doigts à la main droite et un à la main gauche, ses bras et avant bras sont atrophiés. Ces graves séquelles l’invalideront durant toute sa vie.




- 1ère Unité Motorisée – 1er Peloton –
- Né à Anvers le 27 juillet 1922
- Blessé au Hôme-Varaville le 20 août 1944 (évacué le 21 en G-B, décédé à Londres le 25 août 1944) Inhumé au Willesden Cemetery, New City, Middelsex Maïda (Londres)
- Citation : « Soldat d’élite, animé du plus bel esprit. Au cours de l’avance sur Cabourg, son peloton ayant été appelé en renfort, a été grièvement blessé par une mine. Est mort des suites de ses blessures, le 25 août 1944 ».
Sergent Henri Louis VANDENPLAS
- 1ère Unité Motorisée – 1er Peloton
- Né à Schaarbeek le 2 septembre 1921
- Tué au Hôme-Varaville le 20 août 1944 Inhumé au Cimetière d’Evere
- Citation : « Sous-Officier d’une haute valeur morale. Fut toujours un exemple de discipline et de dévouement pour ses hommes. Mort des suites de ses blessures encourues au cours de la poursuite de l’ennemi devant Cabourg ».
- 1ère Unité Motorisée – 1er Peloton – Né à Nalinnes le 22 août 1923
- Blessé au Hôme-Varaville le 20 août 1944 (décédé le 22 août 1944) Inhumé au Cimetière de Nalinnes (1947)
- Citation : « Volontaire de guerre, mitrailleur de la 1 Unité Motorisée, grièvement blessé au cours d’un combat en Normandie, fit preuve de courage splendide. Mort des suites de ses blessures, le 22 août 1944 ».
Soldat Maurice Victor DELSTANCHE
- 1ère Unité Motorisée – 1er Peloton
- Né à Anvers le 11 août 1921 et résidant en Grande Bretagne avec ses parents depuis le 10 janvier 1923. Plombier.
- Blessé au Hôme-Varaville le 20 août 1944. Brulures au visage, aux mains, aux bras, aux jambes et au corps. Perte de 3 doigts et mutilation des mains. Invalide à 80%

Une plaque commémorative a été apposée prés du monument de la brigade Piron


