Vous êtes ici : Accueil » Histoire et patrimoine » Le patrimoine » L’église Saint-Germain

L’église Saint-Germain

Vers 1210, Robert de Beaufou, pour le salut de son âme et de celles de ses ancêtres et successeurs, donne aux moines bénédictins de l’Abbaye Saint Martin de Troan (fondée en 1022 par le Comte Roger de Montgommery) l’église Saint Germain de Varaville, que son fils Raoul avait donnée aux mêmes moines. (Copie authentique du 20 janvier 1699. Archives nat.). Elle se trouve mentionnée, à ce titre, dans la Bulle du Pape Innocent III, année 1210, comme l’une de celles dont il entend lui confirmer la possession. La paroisse et son église sont dédiées à l’un des trois saint Germain vénérés en Normandie : Germain d’Auxerre, Germain le Scot, Germain de Paris.

 

Loin de pouvoir rivaliser avec son aînée de Merville, elle abritait néanmoins quelques trésors :

  • Le choeur du XIIIème siècle comme en témoigne l’aspect ogival et gothique de celui-ci.
  • La tour centrale, en bâtière, probablement du XVème,
  • Le grand christ en bois au regard douloureux tourné vers le ciel,
  • Les fonts baptismaux à godrons du XVIIème siècle
  • Une magnifique statue de la Vierge à l’Enfant du XIVe siècle.

 

En novembre 1932, en déplaçant l’autel vermoulu d’une chapelle dédiée à St Marcouf, abattue en 1733, dont les matériaux servirent à la réédification de la nef de l’église, on découvrit une excavation sous le tombeau de l’autel. Des plâtras et de la terre, on sortit 3 statues d’une réelle beauté. Brisée par les Huguenots lors des guerres de religions, elles ont traversé les siècles :

  • Une Vierge couronnée et souriante tenant à la main trois roses, avec le hanchement et le plissement droit du XIVe siècle ; elle était intacte mais l’Enfant manquait. L’Abbé Etienne, soucieux de sa restauration, fait appel au sculpteur caennais Henri-Joseph Bouet (1867-1937) qui restitua l’enfant dans le style. La statue avait retrouvé toute sa grâce et son divin sourire. Elle est en pierre, mesure 1m20. Elle reprendra sa place dans une chapelle du transept.
  • En face, sur l’autel, on a posé la statue en pierre, mesurant 1m30, de St Germain en abbé mitré.
  • Toujours dans la même chapelle, la 3e statue en pierre, mesurant 1m représente St Marcouf, enfant de Bayeux. D’après la tradition, il conféra aux rois de France le pouvoir de guérir les écrouelles (abcès cervical d’origine tuberculeuse) par imposition des mains le jour de leur sacre. Selon les dires d’experts, les statues sont toutes du XIVe siècle.
  • Une quatrième statue vint s’ajouter aux autres : St Augustin en évêque, statue en bois du XVIIe siècle, mesurant 1m60. Don d’une famille varavillaise qui l’avait eue en héritage.

 

Au fil des siècles, de nombreux remaniements ont sans doute altéré le caractère originel de l’église où quelques vitraux et les chapelles de transept ont même disparu.

 

Lors de la seconde guerre mondiale, les bombardements alliés ont détruit la nef. Les Allemands ont fait sauter le clocher avant de partir.

 

Eglise St Germain en 1944

 

Le chœur du XIIIème siècle n’a plus de voûte ; il garde deux murs intacts, le troisième est ouvert par une large brèche sur toute sa hauteur. On l’a coiffé d’une toiture en tôles, on a bouché la brèche par une palissade

 

 

 

 

Le 23 août 1944, la Brigade Piron libère un Bourg dévasté. Parmi les ruines du clocher, on trouve une rescapée, une cloche de 1816 encore apte au service. Elle fera le voyage jusqu’au Hôme pour habiter le clocher reconstruit (1945) de la chapelle Saint Joseph. Seconde désolation pour l’Abbé Etienne qui découvre la statue de la Vierge détruite en 14 morceaux. Grâce à un sculpteur espagnol elle est à nouveau restaurée et réintègre l’église pour son inauguration le 26 juillet 1963.

 

 

Le campanile

 

En 1949, l’évêque Monseigneur Picaut bénit la cloche de la future église. En attendant sa reconstruction, elle est installée, dans un campanile, à l’entrée du cimetière. En 1951, M. Simon Vermont architecte propose 4 projets, le quatrième est retenu par la municipalité, pour 28 millions de francs.

 

Les paroissiens de Varaville attendront 9 ans l’inauguration de leur nouvelle église et se seront rassemblés dans 4 lieux de culte provisoires : la maison Labarrière, un local de l’autre côté de la route de Cabourg, le chœur de l’ancienne église recouvert de tôles et enfin un baraquement à côté de la Mairie-école. Le 26 juillet 1963, la nouvelle église est consacrée.

 

Deux cloches, fondues à Villedieu les poêles, rejoignent celle bénie en 1949. Elles se prénomment Noëlle Brigitte Marie-jeanne Lucienne et Louise Suzanne Laurence Thérèse. Les parrains et marraines sont respectivement M. Gérard Labarriére, M. Lucien Rouvres, Mme Louis Maitre, Mme Lucienne Tirard et M. Marcel Leroux, M. Roger Gaugain, Mme Marcelle Prod’homme, Mme Thérèse Quoniam.

 

L’église Saint Germain avant la seconde guerre mondiale

 

A ce jour, rescapés de l’ancienne église, on retrouve le grand Christ en bois qui domine l’autel, les fonts baptismaux, et surtout la très belle statue de la « Vierge à l’Enfant » du XIVème siècle. Mais aussi une épitaphe en hommage au Seigneur de Varaville Jacques de Saffray. Il se distingue à la bataille de Dreux en 1562 et d’Arques en 1589. A sa mort en 1594, il est enterré dans le choeur de l’église de Varaville. Une épitaphe gravée sur une pierre insérée dans un mur honore sa mémoire. Cachée sous une boiserie pendant de longs siècle, elle réapparait en 1895. Elle sera déposée lors de la destruction de l’église en 1944 dans la pièce à la base du clocher. Elle est visible sur le mur nord de l’église au Bourg.

 

 

 

 

Le grand christ

La vierge et l’enfant XIVe

fonts baptismaux à godrons du XVIIème siècle

 

église St Germain

 

église St Germain