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Hommage à Paul Leroy maire de Varaville de 1938 à 1945

Après les frères Albert et Paul Marion, Renée Tisselli et Victor Laveille, la municipalité a souhaité rendre hommage à une figure de la Résistance quelque peu oubliée par l’Histoire : Paul Leroy, maire de Varaville durant la Seconde Guerre mondiale. La place récemment réaménagée, située face à la salle polyvalente, portera son nom et sera officiellement inaugurée le 17 janvier.

C’est entouré des membres de la commission Histoire et Patrimoine que M. Patrick Thibout, maire de Varaville, a eu le plaisir d’accueillir en mairie les descendants de Paul Leroy : Roger Leroy et sa famille, issus de son premier mariage avec Julia Aubine.

De passage dans la commune depuis les Pays-Bas où il réside et ne pouvant pas être présent le 17 janvier, Roger Leroy a tenu à remercier très chaleureusement la municipalité de Varaville et la commission Histoire et Patrimoine pour ce futur hommage qui sera rendu à son grand-père, dont il ignorait l’ampleur du dévouement et l’engagement dans la Résistance.

Juliette Lemanissier, descendante de Juliette Bousquet, sœur de Camille a exprimé la même reconnaissance pour la mise en lumière de ce pan de l’histoire familiale.

La matinée s’est conclue autour du traditionnel pot de l’amitié.

 

 

Qui était Paul Leroy ?

Paul Leroy naît en 1883 à La Chapelle-Gauthier (Eure). En 1927, il épouse en secondes noces Camille Bousquet, fille de Jean-François Bousquet, figure bien connue du Hôme, propriétaire notamment de l’Hôtel de la Gare et constructeur de plusieurs villas dans l’impasse qui porte aujourd’hui son nom. Grâce à l’héritage familial de Camille, le couple s’installe dans les années 1930 à la villa Anna, située aujourd’hui au 66 avenue du Président René Coty.

Élu conseiller municipal en 1935 sous le mandat de Ferdinand Henri, Paul Leroy lui succède à la tête de la commune en 1938, à la suite de son décès. Il exercera les fonctions de maire jusqu’au 17 mai 1945. Très éprouvé, il cède alors sa place à Georges Simon, tout en continuant à siéger au conseil municipal jusqu’en octobre 1947, date à laquelle Jean Bernard est élu à la tête d’une nouvelle équipe. Paul Leroy s’éteint au Hôme le 8 septembre 1954. Il fut un homme de courage et d’engagement.

Dès août 1939, alors que la guerre menace, de nombreux propriétaires de résidences secondaires affluent au Hôme. Ils sont rejoints, dès la déclaration de guerre en septembre, par une cinquantaine de familles parisiennes.

L’invasion allemande du 10 mai 1940 provoque un exode massif : du 16 mai au 22 juin, des familles venues de Belgique, du Nord et de l’Est de la France, mais aussi de Paris et des Andelys, trouvent refuge à Varaville. Avec l’aide de sa secrétaire Geneviève Cebost et du garde champêtre M. Auvray, Paul Leroy organise leur accueil, les logeant au préventorium et dans des villas réquisitionnées. Il doit alors gérer une population passant de 120 habitants en 1936 à près de 2 000 personnes.

L’armistice du 17 juin 1940 bouleverse cette organisation. La commune se vide, les administrés fuient. Les Allemands s’installent, réquisitionnant 80 villas et le préventorium. Les maisons sont pillées et saccagées, sans que les élus puissent s’y opposer. Le Hôme accueille jusqu’à 800 soldats, soit environ trois par habitant. Une antenne de la Feldkommandantur s’installe dans la villa Abel, tandis que les hommes sont requis chaque matin pour la construction du Mur de l’Atlantique. Les maires sont alors tenus pour responsables de l’état d’esprit et du comportement de leurs administrés.

Paul Leroy poursuit son action depuis les villas Ric Rac et Pierre et Jacques, transformées en mairies provisoires. Il y organise la distribution des cartes d’alimentation, des bons d’essence et de charbon, et crée des classes supplémentaires pour accueillir les nombreux enfants.

En 1943, le nord de l’avenue du Président René Coty est interdit à la population ; 60 000 mines et 5 000 “asperges de Rommel” y sont installées. En avril 1944, Paul Leroy doit gérer l’évacuation totale de la population du Hôme vers Cabourg ou vers l’intérieur des terres. Le 21 avril, 600 hectares du territoire communal sont inondés.

Parallèlement à ses fonctions officielles, Paul Leroy s’engage dans la Résistance, au sein du réseau de renseignements ZERO-France. Thuillier, interprète et indicateur du lieutenant Wagner, chef de la Kommandantur de Cabourg-Houlgate, dispose d’un bureau à la mairie. Malgré cette surveillance constante, Paul Leroy, aux côtés de Geneviève Cebost, fournit de faux papiers et transmet de précieux renseignements au réseau.

 

Article publié le lundi 29 décembre 2025